Forum Social Maghrébin

Compte rendu de la réunion du comité de suivi du Forum Social Maghrébin

Nouakchott, Mauritanie 9-10 Février 2007

mardi 6 mars 2007 par Forum Social Maghrébin

1. Introduction

Nous pouvons lire dans la charte de Porto Alegre que : « le Forum Social Mondial, comme espace d’échange, stimule la connaissance et la reconnaissance mutuelles des instances et des mouvements qui y participent ». La rencontre de Nouakchott qui s’inscrit dans la construction du Forum Social Maghrébin(FSMagh) et qui s’inscrit donc aussi dans le cadre global du Forum Social Mondial, a certainement constitué un moment particulier de connaissance et de reconnaissance entre les composantes sociales maghrébines. Elle arrive également à un moment charnière du FSMagh : elle constitue un jalon important dans la construction de ce dernier.

2. Etat du Forum Social Maghrébin

En 2006, lors de la rencontre préparatoire de Bouznika, nous avions pris, quasi à l’unanimité, les décisions suivantes : • construire un Forum Social Maghrébin qui sera notre outil à tous pour la création d’un Maghreb des Peuples permettant de dépasser les clivages et les barrières qui nous séparent ; • tenir ce premier forum aux environs de mai 2007 ; • mettre en place des commissions de travail autour de différentes thématiques.

Entre la rencontre préparatoire de Bouznika et la rencontre qui vient de se dérouler en Mauritanie, plusieurs contacts ont eu lieu, soit dans un cadre local (les réunions de l’immigration de Bruxelles, de Marseille et de Paris, la réunion préparatoire du Forum Social Tunisien, les contacts informels de Madrid, de Rabat de Marrakech, de Rome et de Nairobi) soit au niveau du comité de suivi (la rencontre du comité de pilotage des 26-27 mars 2006 à Tunis). Chacune de ces occasions a été utile pour faire avancer le premier Forum Social Maghrébin.

A Tunis, ce fut l’occasion de faire un premier bilan de Bouznika, de mettre en place l’ébauche d’une structure de pilotage, d’étudier comment mettre en pratique les « décisions » prises lors de la réunion préparatoire et de régler les problèmes de communication et de transfert de l’information.

Lors de cette rencontre, il n’a pas été possible de trancher la question du lieu où se déroulerait le premier FSMagh. Il a donc été jugé utile de postposer cette décision à la réunion suivante du comité. Celle-ci devait se dérouler à Nouakchott de préférence aux environs de juin 2006 et au plus tard en septembre 2006 si l’on voulait garder l’échéance de mai 2007 pour la tenue du premier Forum Social Maghrébin. Pour des raisons essentiellement liées aux conditions politiques en Mauritanie et à certaines lacunes dans la coordination, cette rencontre n’a pu avoir lieu qu’en février 2007.

Le choix de Nouakchott était motivé par :

• l’insistance, à Bouznika, des Mauritaniens pour que le premier FSMagh se tiennent à Nouakchott, • la volonté de tous les participants d’aller sur place pour une plus grande implication du mouvement social mauritanien dans le processus de construction du FSMagh, • s’enquérir de la situation en Maurétanie.

3. Etat des lieux

Ce qui nous intéresse dans cet état des lieux, c’est comment les dynamiques locales s’articulent avec le projet du Forum Social Maghrébin. A la suite des réunions de Bouznika et de Tunis, il est apparu de plus en plus clairement que le FSMagh ne peut être une simple addition des dynamiques locales. Nous devons développer une identité maghrébine, donc transnationale, qui puissent porter ce projet.

3.1. Tunisie

Un des problèmes de la dynamique tunisienne est le manque d’espace où les associations peuvent se retrouver. Grâce à l’UGTT, qui a mis à disposition ses locaux, la rencontre préliminaire de constitution du Forum Social Tunisien (FST) a pu se tenir en mai 2006. A la surprise générale, ce fut une grande réussite : on y dénombrait plus de 1000 participants, donnant un nouveau souffle pour la constitution du FST.

On compte en Tunisie plus de 8 000 associations mais rares sont celles qui sont autonomes et réellement opérationnelles. Ces dernières subissent toute sorte de vexations et de contraintes pour les empêcher de travailler. L’Etat, pour casser toutes les activités alternatives, joue sur le blocage des financements, sur la lenteur dans la reconnaissance légale et dans la délivrance des visas de fonctionnement. Cependant, vue la réussite de la rencontre préliminaire, les camarades tunisiens ont le grand espoir de pouvoir organiser le FST autour de mai 2007.

3.2. Maroc

Après la rencontre préparatoire, la dynamique sociale au Maroc pour le FSMagh s’est (consciemment ou inconsciemment) ralentie, ceci dans une volonté de ne pas s’approprier le FSMagh. Cela n’implique pas que le mouvement social marocain est en panne ; au contraire, il a depuis lors ouvert un grand nombre de chantiers :

Le mouvement des femmes qui mène des batailles sur le statut de la famille, sur le code de la nationalité, sur l’intégration de l’approche genre dans les politiques publiques, sur la participation politique des femmes, a rejoint par une forte mobilisation, la Marche Mondiale des Femmes.

Par ailleurs, ont été menées d’importantes actions sur la migration, le Forum de l’Eau, de l’Environnement et des multiples forums des Jeunes ainsi que l’action de masse actuelle contre la « chèreté » de la vie.

Concernant le Forum Social Marocain, on se pose la question de son utilité : ne serait-il pas plus important de renforcer le FSMagh que d’investir dans un projet purement local ?

3.3. Algérie

L’absence algérienne à cette rencontre est sans doute le seul point négatif de celle-ci. Les clivages internes algériens qui perdurent continuent à peser négativement sur la construction du FSMagh et freinent une large participation des mouvements sociaux algériens à la dynamique du FSMagh.

3.4. Sahara Occidental

La participation des organisations sahraouies au mouvement social est très peu médiatisée, alors qu’elles ont pris part à de nombreuses manifestations à travers le monde. Cette participation a été un des faits marquants de la rencontre de Bouznika. Elles invitent, en collaboration avec les acteurs sociaux du Maghreb, à faire pression sur les gouvernements pour une solution pacifique du problème sahraoui.

3.5. Mauritanie

Le mouvement social mauritanien est l’alternative au système libéral en Mauritanie. Au demeurant, une confusion semble caractériser certaines associations qui ne font pas la différence. Il existe donc des clarifications à opérer au niveau de certaines structures.

Ce mouvement social est encore à l’état embryonnaire, il est éparpillé et reste à réaliser.

En effet, des Mauritaniens ont assisté à des manifestations du mouvement mondial, notamment au Forum Mondial de l’Emigration de Madrid, de même qu’au FSM de Bamako et de Nairobi. Certains responsables ont participé à la rencontre de Bouznika et cela les a considérablement motivés. Des assises de la société civile ont été tenues. Le Cyberforum, les centrales syndicales essaient de répercuter les décisions prises lors de ces rencontres. Et, avec les autres acteurs de la société civile mauritanienne, elles ont également contribué à une large prise de conscience des ONG.

Mais la conjoncture politique mouvementée du pays (la transition et le processus électoral en cours) et quelques problèmes de leadership ont ralenti les efforts de consolidation du mouvement et empêché le respect de l’agenda établi : il s’avère nécessaire de ces faits d’entreprendre des concertations et un élargissement de ces concertations aux dynamiques régionales pour faire avancer la tenue du FSMagh.

La période de transition politique actuelle semble malgré tout assez favorable à l’épanouissement du mouvement. Néanmoins, il demeure nécessaire de disposer d’un meilleur plan médiatique pour une plus grande diffusion du contenu des forums passés et une plus grande mobilisation, celle des femmes en particulier.

3.6. Le mouvement au sein de l’immigration

La situation au sein de la diaspora est particulière : du fait même du caractère pluriel (transnational) de cette immigration, l’identité maghrébine y prédomine sur l’identité nationale dans le cadre des actions pour l’élaboration du FSMagh. Le Maghreb serait à cette image si les barrières nationales n’étaient pas aussi rigides.

Le mouvement qui se développe en Europe occidentale a un écho en Espagne, en Italie, en Allemagne, etc. Cependant, il n’est vraiment actif qu’en France et en Belgique. Il est très important en France où convergent un bon nombre d’ONG françaises (environ 60), et à Bruxelles.

En Belgique, l’appel lancé pour le FSMagh a eu un écho très favorable, ce qui explique la participation très motivée de la délégation de Belgique à l’assemblée préparatoire de Bouznika. Cette rencontre a joué un rôle important dans la mobilisation en Belgique et elle a permis de rendre l’idée du Maghreb plus concrète. Toutefois, depuis quelques temps, un essoufflement se fait ressentir.

La démobilisation touche aussi la France mais de manière moins sensible car le mouvement parisien dispose d’un secrétariat technique qui se réunit régulièrement, lui permettant de maintenir une certaine dynamique.

Lors de la rencontre de Paris, les raisons évoquées pour expliquer cette démotivation est le manque de clarté et de ligne conductrice concernant l’avenir du processus. Il faut rendre le FSMagh plus clair. Les propositions suivantes ont été présentées :

• Le FSMagh doit être un facteur de transformation des sociétés civiles mais, en aucun cas, il ne se substitue aux partis politiques, aux syndicats et aux associations. Il ne se pense que comme un espace élargi et libre de réflexion qui permet à tous de débattre des problématiques communes aux peuples maghrébins ; • Ce forum social Maghrébin doit permettre la convergence des mouvements sociaux, associations, syndicats, mouvements pacifistes pour contribuer, par la confrontation et le débat démocratique, à construire des alternatives face à la logique d’exclusion et aux choix sécuritaires des gouvernants et de formuler des propositions concrètes articulées à des actions efficaces pour que les droits fondamentaux des populations, dans leur diversité, l’emportent sur les intérêts sécuritaires, financiers et commerciaux • Pour re-dynamiser le processus, il faut relancer les ateliers qui permettront de mettre en place une base de travail pour le FSMagh sur des thèmes importants tels que la libre circulation entre les différents pays du Maghreb (qui pose aujourd’hui un réel problème) et la question du Sahara, la question de la militarisation, de l’immigration sous toutes ses formes, sur le respect des droits de l’homme… ; • Les acquis de l’assemblée préparatoire de Bouznika doivent être mis en relief pour être diffusés le plus largement possible ; • afin de dépasser l’enlisement que générerait la considération excessive des particularismes, il faudrait raisonner en termes de thématiques :
  la migration et, en particulier, la migration subsaharienne,
  les questions relatives à la citoyenneté et la démocratie,
  la laïcité.

4. Le rôle du comité de pilotage

Il a été répété à maintes reprises que les réunions du comité de pilotage ne sont pas les lieux de prise de position pour ou contre une question quelconque. Les rencontres du comité de pilotage permettent à toutes les composantes de se retrouver pour préparer les conditions adéquates à la tenue du FSMagh. C’est seulement au sein de ce dernier que les discussions, les confrontations, les choix pourront avoir lieu. Le comité de pilotage doit veiller à ce que toutes les questions, puissent être abordées et/ou exprimées lors du forum. Son rôle est aussi de prévoir ces garanties afin de permettre à toutes les composantes maghrébines, quelles que soient leurs opinions et à condition qu’elles respectent la charte de Porto Alegre, d’avoir leur place au sein du FSMagh.

5. Relation avec les pouvoirs

Concernant les relations avec les pouvoirs, le Forum Social doit impérativement garder son indépendance et ceci, quel que soit le régime en place là où le Forum se tiendra. Cependant, vu les conditions politiques et le déficit démocratique qui caractérise les régimes du Maghreb, il sera difficile voire impossible d’organiser une telle activité s’il n’y a pas une acceptation, ne fût-ce que passive, du Forum par le pouvoir. La tenue correcte du Forum nécessite une logistique relativement lourde. Sans un minimum de gage de non-intervention du pouvoir, nous serions toujours dans le doute : l’Etat peut, au dernier moment, refuser les visas à certains militants ou groupes nationaux, refuser la mise à disposition d’infrastructures primordiales à la tenue des rencontres… Il ne faut pas négliger les effets négatifs, de découragement et de démobilisation, que pourraient avoir de tels agissements sur l’ensemble des acteurs/militants.

6. Le lieu et la date de la tenue du premier Forum Social Maghrébin (FSMagh)

Le choix final du lieu de la tenue du premier FSMagh devrait faire l’objet d’une candidature motivée, soutenue par un cahier de charges et un engagement sans équivoque de la part du pays candidat. Toutefois, Les participants

1. manifestent leur profond souhait de tenir ce Premier Forum social maghrébin en Mauritanie, 2. manifestent leur ferme volonté de tenir le Premier Forum social maghrébin en janvier 2008 dans le cadre des diverses et multiples manifestations du Forum social mondial 2008.

En vue d’organiser ce forum, il faudrait :

• désigner une cheville ouvrière au niveau de la Mauritanie, • engager une large concertation des différentes organisations mauritaniennes, • la mise en place d’un Comité élargi de la société civile mauritanienne afin de consolider cette dynamique, • constituer un secrétariat permanent, lequel aura pour tâche la mise en place du FSMagh dans tous ses aspects, • organiser différentes commissions thématiques.

Il est également nécessaire d’établir un cahier de charges et un argumentaire pour la tenue du FSMagh s’articulant autour :

• des conditions politiques du lieu de la tenue du FSMagh, • des possibilités logistiques (lieu des rencontres, accueil des participants …), • des possibilités financières (étant entendu que cet aspect est de la responsabilité non seulement du lieu d’accueil mais est le devoir de tous).

L’organisation du FSMagh demande la mobilisation de moyens financiers relativement importants : il convient de développer une réflexion destinée à cerner et régler ce sérieux problème.

Il existe encore un problème de circulation de l’information, pour cela le site web constitue un élément essentiel. De même, il y a lieu de faire revivre la Commission de Communication.

D’ici le 15 mai 2007, il y lieu de démarrer les 3 chantiers suivants :

• brouillon du projet de Charte des citoyens pour un Maghreb des peuples(définition des thèmes), • brouillon sur la composition du Conseil du FSMagh, • préparation des ateliers thématiques (priorité pour l’Algérie), • un projet des principes de fonctionnement, • diffusion du rapport de Bouznika*.

Enfin, il est important de créer un espace de débat assez large en Mauritanie, charnière entre l’Afrique du Nord et L’Afrique sub-Saharienne. Il s’agit non seulement de mettre en place un FSM et un FSMagh mais également de renforcer les liens pan-africain.

7. Conclusion

L’objectif visé est un Maghreb des Peuples : c’est un projet politique, économique et culturel à réaliser en intégrant l’ensemble des communautés de la région sans en exclure aucune. Il s’agit en définitive d’inscrire ce Maghreb des Peuples dans le projet de tous les peuples de la planète qui luttent pour un monde solidaire et pluriel.

Relevé des décisions prises par le Comité de suivi lors de la réunion des 9 et 10 février 2007 du Forum Social Maghrébin à Nouakchott, Mauritanie

Liste des participants

Marin Gustavo FPH (France), Jelloul Ben Hamida CTDR Marseille (France), Mohamed Benhammou FDT (Maroc), Christophe Courtin CCFD (France), Moussa O-Samba N’Diuge Cyberforum Social (Mauritanie), Khattou Baham Cyberforum Social (Mauritanie), Mamadou Niang CGTM (Mauritanie), Mohamedine Diop ICC (Mauritanie), El Moctar Ammictou Cyberforum Social (Fonadh)(Mauritanie), M. A. Bellil C.M.PCQUP, Abderrahmene Hedhili LTDH (Tunisie), Mustapha B. Ahmed UGTT (Tunisie), Kamal Lahbib Forum des alternatives (Maroc), Lahcen Moutik Dynamique Sociale Sahraouie, Abdallah Sidi Cyberforum Social (Mauritanie), Adbellahi O. Med Awah Association de la pensée économique (Mauritanie), Nana Afrachid UNFS, Salek Abba Association des juristes sahraouis, Nediwa Moetou Nech ONG Mauritanie 2000 (Mauritanie), Abdallah Zniber IDD (France), Saïda Ben Garrach Ass. Tunisienne des Femmes Démocrates (Tunisie), Driss El Korchi N’aoura (Belgique)


Forum

  • > Compte rendu de la réunion du comité de suivi du Forum Social Maghrébin
    6 mars 2007, par Forum Social Algérien

    Remarques du FSA relatives au CR rédigé par Driss Khorchi

    1 – Reconnaissance.

    Ce Cr a l’avantage d’exister, tout autant que le relevé des décisions, déjà transmis par Gustavo. Que nos deux amis soient remerciés pour l’effort investi et la qualité de leur travail.

    2 – Les CR : une question toujours pendante.

    Toutefois, cela met en relief le fait que la question des CR n’est pas encore résolue, depuis la parution d’ exemplaires contradictoires produits à l’issue de la réunion d’Alger – 16 octobre 2005. Des propositions avaient été faites à ce sujet, notamment lors de la réunion de Tunis 18 mars 2006 ( et non 26-27 mars 2006 comme indiqué dans le CR. DK). Elles ne semblent pas avoir été suivies d’effet.

    3 – Capitalisation de l’information et de la réflexion.

    D’où le problème de la capitalisations de l’information et des réflexions produites et émises lors de toutes les réunions ayant émaillées la courte histoire du Fsmagh. Des définitions ont été avancées par les uns et les autres au cours de cette chaine de réunions, notamment en ce qui concerne la nature, le rôle et les fonctions du Fsmagh.1 Il serait tout aussi utile qu’opportun d’en dresser l’inventaire et, sur cette base, d’élaborer une sorte d’abécédaire de notre Fsmagh. Un cyber-groupe de travail pourrait être constitué pour ce faire, afin d’ éviter réunions et dépenses superflues.

    4 – A propos du point 3 – Etat des lieux. Point 3. Algérie.

    Il est fait état du fait que « l’absence algérienne à cette rencontre est sans doute le seul point négatif de celle-ci. » Nous nous réjouissons, d’abord, que la rencontre n’ait connu, que ce seul point négatif. Toutefois, il aurait fallu se poser la question des raisons ayant provoqué cette absence.

    Le FSA avait pris les dispositions nécessaires pour y être représenté, conformément au quota fixé à Tunis, et attendait confirmation de la part des organisateurs. Cette confirmation ne nous est parvenue que le 6.02.07 au matin, malgré nos mails et essais téléphoniques demeurés vains, alors que nous devions confirmer nos réservations, la veille, soit le 05.02.07. De ce fait, elles furent annulées.

    Non content de cette première appréciation « négative », le CR met en évidence « les clivages internes algériens, qui perdurent, continuent à peser négativement sur la construction du Fsmagh et freinent une large participation des mouvements sociaux algériens à la dynamique du Fsmagh. »

    Le FSA a affirmé en maintes occasions sa disponibilité et son ouverture quant à sa participation à la construction du Maghreb des Peuples ; et, partant, du Fsmagh qui devrait en être l’un des fondements, au niveau de la société civile maghrébine. Que des clivages internes algériens soient considérés comme gênants pour certains, il est possible d’en convenir ; mais que leur persistance supposée, soit perçue comme un poids négatif « sur la construction du Fsmagh », ne peut être accepté.

    Il en est de même de l’appréciation relative au prétendu frein qui handicaperait « une large participation des mouvements sociaux algériens à la dynamique Fsmagh ». Le FSA participe sous des formes diverses à l’expression, aussi large que possible, des mouvements sociaux ligotés par un pouvoir répressif. Et ce, en Algérie d’abord, car comme nous l’avons déjà affirmé lors de la réunion d’Alger, le Fsmagh ne pourra être fort et efficient, que grâce à la force de chaque mouvance altermondialiste chez elle. Par ailleurs, le FSA ne s’est jamais considéré comme le seul espace d’expression altermondialiste ; bien au contraire, il s’est donné comme mot d’ordre « Que mille fora fleurissent en Algérie » ; l’essentiel ne se situant pas, pour nous, au niveau de l’estampillage d’un mouvement, d’une dynamique ou d’un processus, mais bien plus dans l’expression plurielle de toutes les sensibilités, tant au niveau du mouvement associatif que syndical.

    Notre souhait est qu’il soit tenu compte de ce qui précède dans la rédaction définitive ; et, à tout le moins, que nos remarques et réserves, soient jointes au Cr, comme pièce annexe.

    5 – Point 3.4 – Sahara Occidental

    Nous saluons la participation des frères sahraouis à la dynamique Fsmagh et particulièrement, le fait que les organisation sahraouis « invitent, en collaboration avec les acteurs sociaux au Maghreb, à faire pression sur les gouvernements pour une solution pacifique au problème sahraoui. » Nous souhaiterions qu’au cours de nos prochaines réunions, les formes et moyens de cette action de « pression », soient plus précisément définies.

    6 – Point 3.6 – Immigration

    Nous partageons le point de vue émis par Gustavo ; l’essentiel étant que le sens et l’ampleur de telle ou telle action soient restitués et non occultés. En outre, il est fait état, probablement à juste titre, « du manque de clarté et de ligne conductrice ». Cette question a fait l’objet de débats, tant à Alger qu’à Tunis- probablement en d’autres circonstances- et des propositions plus nettes que ce qui est proposé ou retenu, y ont été avancées.cf les Cr de ces deux réunions. Il convient, toutefois, d’ y joindre les représentations exprimées à Nouakchott, dont les racines se situent dans les dispositions de la Charte de Porto Alegre.

    La redynamisation du processus construction du FSMagh prendrait appui sur les ateliers thématiques dont l’importance avait été déjà soulignée à Bouznika. Nous sommes tous responsables du manque de définition de leur mise en œuvre. Comme nous le sommes d’avoir laissé la Commission Méthodologie et thématique, tout autant que la Commission Logistique et Finances créées à Tunis, les 18 et 19 mars 2006, en l’état de simples projections. Constat qui met en évidence le fait que les responsabilités demeurent indéfinies pour la plupart du temps et qu’elles gagneraient à être individualisées, afin que tout le monde sache qui est responsable de quoi.

    7 – Point 6 - Mesures pratiques entrant dans le cadre de la préparation du Premier Fsmagh.

     Nous appuyons, comme nous l’avons fait à Tunis, le souhait exprimé par les participants, de tenir le PFSMAGH en Mauritanie, en 2008.  Nous pensons que la préparation de cette importante échéance doit articuler l’action d’instances en Mauritanie, mais aussi dans l’ensemble des autres pays du Maghreb. Elle sera l’occasion d’impulser l’activité des Commissions déjà constituées à Tunis, notamment la CMT et la CLF ainsi que les ateliers thématiques, dont le travail devrait commencer dés maintenant.  A ce sujet, le CR précise « priorité à l’Algérie » : nous souhaiterions avoir des précisions à ce sujet.  Toujours dans cette même perspective, nous vous informons que, dans le cadre de la célébration de la journée internationale de la femme, un Collectif Laïcité vient de voir le jour, le 2 mars 07, à Alger. Il compte proposer son extension aux autres pays maghrébins.  Pour ce qui est de la communication, voici ce qui en avait été dit à Tunis : Gestion du site Internet

    Bilan de la gestion du site

    Le bilan fait verbalement, faisait ressortir les difficultés rencontrées par le web master. Nous avons fait état de nos propres difficultés pour avoir accès au site, et insisté sur la nécessité de lever ces difficultés, par des procédures claires et bien définies, sous forme de protocole de fonctionnement du site.

    Questions de sens

     L’une des fonctions du site est de contribuer à l’intensification et à l’organisation des échanges entres les différents membres du FSMagh.

     Internet est également considéré comme un outil de résistance au néo libéralisme ; c’est dans cette perspective qu’il faut en assurer la promotion et, partant, la gestion.

     Le site peut devenir un instrument de valorisation des dynamiques nationales. A l’inverse, il ne doit pas servir à alimenter les conflits inter dynamiques, comme ce fut le cas de l’une des dynamiques algériennes.

     Relations entre le Comité de rédaction et le web master : le web master, d’après ses déclarations, eut à solliciter ce comité, composé de Kamel Lahbib et de Bouhadoum, à deux reprises, notamment en ce qui concerne la parution d’une document émanant de l’une des dynamiques algériennes.

    Comité de rédaction

     Nous avons fait remarquer que cette structure était loin de répondre aux principes de liberté d’expression et d’échanges énoncés par la Charte de Porto Alegre, désormais prise comme référent essentiel depuis Bouznika et qu’il fallait, à tout le moins, envisager d’en modifier la composition, à défaut de conformité du sens avec la Charte de PA.  Et pourquoi pas responsabiliser totalement le web master qui serait en relation avec les référents par pays ? et de mettre en œuvre les recommandations faites par l’atelier communication de Bouznika ?  Il fut décidé de poursuivre l’action avec la formule actuelle, jusqu’à la prochaine rencontre de Nouakchott, en respectant des règles de fonctionnement et de gestion du site, à édicter avant la fin de la semaine prochaine.

    Règles de fonctionnement

    Le Comité de suivi charge le web master de proposer, un protocole de règles de fonctionnement du site, tenant compte des principes de la charte de PA et des recommandations de Bouznika en matière de communication.

    Pour faciliter la gestion du site chaque pays devra :

     Désigner un référent – dont il faudra définir le rôle - auquel le web master pourrait s’adresser.  Communiquer au web master la liste des journalistes avec lesquels il pourrait nouer des relations pour mieux faire connaître la Charte de PA et les activités du FSMagh.  Transmettre des listes de discussion pour les jeunes, les femmes, l’émigration et les autres domaines et champs intéressant le FSMagh : droits et libertés, développement économique, social, éducatif et culturel.

    Conclusion

    Ce rappel a pour objectif de mettre en évidence le décalage existant entre les mesures prises – à défaut de « décisions » – et leur mise en œuvre. Ce qui fait des « comités de suivi », des émules de Sisyphe. Nous approuvons, de ce point de vue, les réserves émises par Djelloul.

    Telles sont les remarques et recommandations que le FSA joint au CR présenté par Driss. Elles doivent être comprises comme une contribution de notre part aux travaux du Comité de suivi de Nouakchott, même si les circonstances ne nous ont pas permis, à notre grand regret, d’y prendre part directement.

    A quand et où, la prochaine réunion du Comité de suivi ? Et… qui… est chargé d’en assurer l’organisation ?